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vendredi, 07 janvier 2011

Le site Space Jam, un vestige de 1996

En procédant à des fouilles archéologiques, certains internautes américains ont découvert sur le site historique de la WarnerBros une page web 0.1 consacrée au film Space Jam, et toujours en ligne depuis 1996.

 

spacejam.jpg

fig. 1 : la page d'accueil du site promotionnel consacré à Space Jam

Pour rappel - ou ceux qui n'étaient que des mouflets en bas âge à l'époque - Space Jam, c'est ça :

 

En 1996, Shaquille O'Neal remporte la médaille d'or de Basketball avec son équipe lors des J.O. d'Atlanta mais tout le monde s'en fout, le public, ce qu'il veut, c'est revoir un film d'animation à la Roger Rabbit (1988) et Bill Fucking Murray.

Les studios engagent donc la star internationale du Basket Michael Jordan et le présentent à Bugs Bunny (qui, d'après son autobiographie La Vie de Bugs Bunny, par Bugs Bunny ne connaissait pas Michael Jordan avant ça, parce qu'il avait autre chose à faire de ses journées, comme errer dans les quartiers chauds de Los Angeles pour trouver de la came). S'en suit une campagne promotionnelle de grande envergure avec l'aide d'un webmaster de 16 ans payé en pop-corn.

 

police.jpg

fig. 2 : Police par défaut Times New Roman

La fig. 2 nous montre qu'à l'époque, le CSS (= feuilles de style permettant de gérer la présentation d'une page web) n'était pas en vigueur comme maintenant. La police par défaut de votre navigateur web (pendant l'Internet Médiéval, il s'agissait principalement de Netscape) pouvait alors donner un aspect plus brut qu'aujourd'hui.

 

frame.jpg

fig. 3 : exemple de frames

Les frames - "cadres" en français - qui étaient alors la norme (comme celle-ci, incroyablement préservée) nous montrent que les souris des années 1990 étaient constamment sollicitées pour faire glisser des barres de défilement (ici, de haut en bas).

Les pages web 0.1 aussi bien conservées que celle de Space Jam sont rares. De nos jours, on en compterait à peine une dizaine réparties sur l'ensemble des continents.

10:18 Publié dans Internet Médiéval (1992-1999) | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook

mardi, 04 janvier 2011

Les termes relatifs à Internet qu'Internet déteste

Ami(e)s du savoir ! Vous pensez connaître Internet parce qu’en 1998 vous aviez une adresse mail @freesbee ? En pleine déprime hivernale, vous n’hésitez pas à fureter sur les skyblogs pour vous rassurer quant à votre Q.I. ? Restez calmes. Rien ne dit que vous n’auriez pas eu un pseudo débilo-référencé sur Caramail si ça existait encore.

Section 1.1 : Les termes ringards

pedro-sanchez.jpgBUZZ : Le plus célèbre d’entre tous. Le mot « buzz » est attribué à tout micro-évènement que l’on voit de façon récurrente sur l’Internet (vidéo d’enfant délirant sous le coup de l’anesthésie, photo de Loïc Le Meur en slip etc.). Alors repris par nombres d’agences de communication pour leur nom (ebuzzing, buzzman, buzzlemon, serialbuzzer, buzzeo…), le terme est devenu peu à peu le symbole du marketeux web 2.0 qui invite les blogueurs à des soirées Champomy pour les corrompre.

GEEKETTE : Le plus déprimant. A partir de 2007, le « geek » devient une figure montante de la culture mainstream. Les filles s’amourachent des garçons passionnés d’informatique et de SF, tout le monde mélangent nerd et geek, et les lunettes à épaisse monture noire façon Rivers Cuomo font le bonheur de Rayban. Rapidement, les magazines féminins s’emparent du phénomène. Incroyable : il y a des filles qui aiment jouer à la console ! Le suffixe –ette est rajouté, les papiers sur le sujet (« je dors avec mon iPhone » ; « accro à la Wii ») fleurissent, et désormais, toute personne de sexe féminin possédant un Mac book rose est classée parmi les geekettes.

Section 1.2 : Les termes éculés jusqu’à l’os

lol.jpgTous ceux qui sont sur la toile ont déjà utilisé ces termes au moins une fois dans un commentaire ou un statut de réseau social. Problème : nous sommes plus de 40 millions d’internautes en France.

OU PAS : Employé pour montrer qu’on ne se prend pas au sérieux. Exemple : « Je vais vous apprendre les termes relatifs à Internet qu’Internet déteste. Ou pas. ». Le point avant le « Ou pas » est essentiel : il induit une pause pour produire un effet comique. Ou pas. Vous saisissez ?

JE PLUSSOIE : Le terme « +1 » (qui bizarrement, n’est pas détesté par l’Internet malgré son utilisation courante) a vu apparaître, en même temps que le « like » sur facebook, une phrase un chouia pompeuse pour montrer son approbation. Malgré sa tournure ancienne, le verbe « plussoyer » est en fait un néologisme, adopté à l’origine sur les forums.

LE LOL PONCTUATION : Bien que très utilisé, le mot « lol » - nous y reviendrons – continue à faire l’unanimité. Le lol ponctuation peut en revanche trahir votre statut de novice de l’Internet. Exemple : « lol je viens de manger du riz lol » peut se traduire par « je suis gêné d’être ici je ne sais pas comment m’intégrer alors j’utilise un mot courant du web ". Hypothèse : le lol ponctuation a pu être développé par les logiciels de messageries instantanées qui permettaient de remplacer le mot « lol » par un panda qui danse. Or, tout le monde aime voir un panda qui danse.

 

Section 2.1 : Les termes running gag.

rebrandons-metier-community-manager-1.jpegRien ne les prédestinait à générer moqueries & quolibets. Pourtant, ça y va.

COMMUNITY MANAGER : Le genre de jobs créé par et pour l’Internet. Pendant la Bulle Internet (voir cours Internet Médiéval), le métier n’avait pu voir le jour en raison du nombre trop faible d'internautes. Souvenez-vous : votre mère s’énervait quand elle ne trouvait pas la touche « entrée » et vous aviez pu avoir l’e-mail pierre@wanadoo.fr. Désormais, votre mère a son propre blog mode et le community manager peut lui envoyer gratuitement des SLOGGI. Son travail consiste à faire l’intermédiaire entre la grosse entreprise (SLOGGI) et l’internaute (Maman). C’est un métier ingrat (il doit constamment envoyer des mails de relance à ses contacts qui le méprisent) mais somme toute utile (il permet à certains webzines culturels d’avoir du contenu gratuitement). Hypothèse : le Community Manager est victime de son nom « ouanagène » alors qu’il n’est plus ou moins qu’un(e) attachée de presse.

PLEASE RT : Son ancêtre fut le fameux « lâchez vos comms » popularisé dans les années 2000 par les pré-pubères de Skyblog. Né sur Twitter, il signifie « s’il-vous-plaît, soyeux nombreux à re-tweeter mon tweet ». Malheureusement l’Internet, animal indomptable qu’il est, n’aime pas qu’on lui dise ce qu’il doit retweeter. Le PLEASE RT marque parfois un sentiment d’insécurité (personne ne lit mes tweets) se manifestant alors par une recherche d’attention (aimez mes tweets). Néanmoins, certains PLEASE RT ont toute leur raison d’être (annonce immobilière, appel à témoins pour l’émission Toute Une Histoire, invitation à une partouze)

Section 2.2 : Les termes chéris par les trolls

Bon, rapidos parce que la cloche va bientôt sonner. Ces termes servent de pêche au troll (= personne qui aime créer et alimenter la polémique sur Internet). Exemple : écrivez « au temps pour moi » et vous aurez immédiatement quelqu’un pour vous répliquer « ça s’écrit AUTANT pour moi » (et vice-versa). Idem avec les mots « Linux », « PC » et « Mac » (accouplés dans une même phrase) et la chanson « Hallelujah » (Laquelle est la meilleure ? la version de Jeff Buckley ou l’originale de Leonard Cohen ? Ou comment engendrer un débat sans fin).

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(1) Photo : Vote for Pedro (Napoleon Dynamite, 2003) © Fox / Paramount Pictures

(3) Photo : http://xkcd.com/

23:59 Publié dans Introduction à l'Internet | Lien permanent | Commentaires (55) | |  Facebook

 
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